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Nouveau code de la route en Grèce : ce qui change pour un road trip en voiture de location
Publié le 28 juillet 2026 · mis à jour le 28 juillet 2026 · 8 min de lecture
Depuis le 13 septembre 2025, la Grèce roule sous un nouveau code de la route — le plus sévère de son histoire récente. Voté sous le numéro de loi 5209/2025, il fait grimper certaines amendes jusqu'à 8 000 € pour les excès de vitesse extrêmes, instaure un système de récidive inédit et généralise les radars automatiques dans l'agglomération d'Athènes. Pour qui prépare un road trip en voiture de location entre les Météores, le Péloponnèse ou les Cyclades, ce n'est pas un détail administratif : les tarifs ont changé, certaines habitudes jusque-là tolérées coûtent nettement plus cher, et une coutume locale bien connue — rouler à cheval sur la bande d'arrêt d'urgence pour laisser doubler — mérite d'être comprise avant de prendre le volant. Voici ce qui a changé, avec les montants exacts.
Un code de la route entièrement réécrit depuis septembre 2025
La Grèce affichait depuis des années l'un des taux de mortalité routière les plus élevés d'Europe occidentale, loin devant la moyenne de l'Union européenne. Le nouveau Code de la circulation routière (« Kodikas Odikis Kikloforias », KOK), publié au Journal officiel le 13 juin 2025 (loi 5209/2025) et entré en vigueur le 13 septembre 2025, cible directement les comportements les plus accidentogènes : téléphone au volant, excès de vitesse, conduite en état d'ivresse et non-port de la ceinture. Sa nouveauté principale est un mécanisme de récidive : commettre la même infraction une seconde ou une troisième fois dans les cinq ans fait grimper l'amende et la durée de suspension du permis de façon quasi automatique, sans marge d'appréciation laissée à l'agent verbalisateur.
Autre changement notable pour les visiteurs : depuis septembre 2025, un réseau de caméras de contrôle automatisé couvre l'agglomération d'Athènes (région de l'Attique) et transmet les infractions par voie électronique via le portail gouvernemental gov.gr. Concrètement, un excès de vitesse ou un franchissement de feu rouge peut désormais être verbalisé sans interception, y compris pour une voiture de location — c'est alors l'agence qui reçoit l'avis et le répercute sur le conducteur, généralement plusieurs semaines après le retour du séjour.
Téléphone au volant : l'amende a triplé
Avant la réforme, tenir son téléphone en conduisant coûtait 100 €. Depuis le nouveau code, l'amende est passée à 350 €, assortie d'un retrait de permis de 30 jours dès la première infraction constatée. En cas de récidive dans les cinq ans, la sanction grimpe à 1 000 € et 180 jours de suspension, puis à 2 000 € et un an de retrait au troisième manquement. Le kit mains libres reste toléré, mais tenir l'appareil en main — y compris à l'arrêt à un feu rouge — entre dans le champ de la nouvelle loi.
Le durcissement n'est pas arbitraire : une étude de Salam Ajlouni et ses coauteurs, publiée en 2023 dans le Journal of Radiation Research and Applied Sciences (consultable sur Google Scholar : scholar.google.com/scholar?q=Ajlouni+effects+of+mobile+phone+using+on+driving+behavior+and+risk+of+traffic+accidents), a mesuré à quel point l'usage du téléphone — même en mode mains libres — dégrade le temps de réaction et la vigilance aux feux et panneaux stop, multipliant sensiblement le risque d'accident. C'est précisément ce risque que la nouvelle loi grecque cherche à faire payer plus cher qu'avant.
Excès de vitesse : jusqu'à 8 000 € et 4 ans de permis
La vitesse concentre les sanctions les plus lourdes du nouveau code, avec une distinction claire entre excès « ordinaire » et vitesse extrême assimilée à une conduite de course. Une étude de synthèse de Rune Elvik, publiée en 2005 dans Transportation Research Record (consultable sur Google Scholar : scholar.google.com/scholar?q=Elvik+Speed+and+Road+Safety+Synthesis+of+Evidence+from+Evaluation+Studies) et régulièrement citée depuis dans les politiques européennes de sécurité routière, a montré sur la base de près de cent études qu'une hausse même modeste de la vitesse moyenne se traduit par une augmentation disproportionnée du nombre et de la gravité des accidents — un « modèle de puissance » qui justifie la sévérité croissante des barèmes, y compris en Grèce.
Sur le terrain, cela se traduit par des montants qui peuvent surprendre un conducteur habitué aux barèmes français ou belges, en particulier au-delà de 200 km/h — un seuil qui concerne surtout les grands axes comme l'autoroute Athènes-Thessalonique, mais rarement les routes de montagne ou d'île où l'on circule en réalité pendant un road trip.
| Infraction | 1ʳᵉ fois | 1ʳᵉ récidive (5 ans) | 2ᵉ récidive |
|---|---|---|---|
| Dépassement de plus de 50 km/h | 700 € + 60 jours de permis | 1 000 € + 180 jours | 2 000 € + 1 an |
| Vitesse extrême (plus de 200 km/h ou conduite de course) | 2 000 € + 1 an de permis | 4 000 € + 2 ans | 8 000 € + 4 ans |
Alcool et ceinture : la responsabilité s'étend aux passagers
La limite d'alcoolémie reste fixée à 0,5 g/L de sang pour les conducteurs expérimentés, abaissée à 0,2 g/L pour les jeunes permis et les professionnels. Le nouveau barème échelonne l'amende de 200 à 1 200 € selon le taux mesuré, avec un retrait de permis d'au moins 90 jours et, dans les cas les plus graves ou en cas de récidive, une possible comparution devant un tribunal correctionnel — la Grèce ne distingue plus, comme avant, une simple contravention administrative pour les taux élevés.
Autre nouveauté qui surprend souvent les visiteurs : la ceinture de sécurité. Un passager qui ne la porte pas écope désormais d'une amende de 150 €, et le conducteur est lui aussi sanctionné à hauteur de 150 €, même s'il portait correctement la sienne — le nouveau code fait explicitement du conducteur le garant de la sécurité de tout son véhicule, enfants comme adultes.
La bande d'arrêt d'urgence : la coutume qui déroute tous les visiteurs
Sur les routes nationales à une seule voie par sens — la majorité du réseau secondaire grec, celui des Météores au Péloponnèse en passant par les routes de montagne de Crète — un usage local ancien veut qu'un conducteur plus lent se décale à cheval sur la bande d'arrêt d'urgence pour laisser doubler le véhicule qui le suit, sans que celui-ci ait à franchir l'axe central. Ce n'est écrit dans aucun article du code de la route : c'est une convention tacite, largement pratiquée, mais toujours illégale au sens strict de la loi grecque, qui réserve cette bande aux arrêts d'urgence.
Pour un conducteur étranger, la surprise vient surtout du sens inverse : se faire dépasser par la droite, parfois à faible distance, est courant sur ces axes et ne doit pas être interprété comme une manœuvre agressive. La meilleure attitude reste de ne jamais s'y sentir obligé si la visibilité ou l'état de la chaussée ne s'y prête pas, de vérifier ses rétroviseurs avant de se rabattre, et de garder à l'esprit qu'une bande d'arrêt d'urgence grecque peut aussi, réellement, contenir un véhicule en panne, un troupeau de chèvres ou des gravillons — les mêmes pièges que ceux déjà signalés dans notre guide sur la Crète.
Ce que ça change concrètement pour une voiture de location
Premier réflexe à avoir en signant le contrat : demander comment l'agence traite les amendes reçues après le retour du véhicule (radars automatiques d'Athènes, contrôles routiers). La plupart répercutent le montant de l'amende plus des frais de dossier — souvent 20 à 50 € — prélevés directement sur la carte bancaire utilisée pour la caution, parfois plusieurs semaines après le voyage. Aucune assurance ni franchise ne couvre jamais une amende : c'est une dépense strictement personnelle du conducteur, contrairement aux dommages matériels.
Deuxième réflexe : composer avec des limitations de vitesse souvent mal indiquées ou changeantes (villages traversés, chantiers), en particulier avec la marge désormais réduite avant de basculer dans la tranche des 700 €. Un GPS ou une application hors ligne à jour, complétée par une conduite prudente sur les sections rurales, évite l'essentiel des mauvaises surprises. Notre article sur la location de voiture en Grèce détaille par ailleurs les autres pièges classiques des loueurs locaux, assurance et franchise en tête.
Ce que dit notre guide
Notre guide « Grèce en autonomie » intègre ces nouvelles règles dans son chapitre pratique sur la conduite : où s'attendre à des contrôles renforcés (abords d'Athènes, grands axes de Thessalie), comment réagir face à la bande d'arrêt d'urgence sans se mettre en danger, et quelles routes secondaires demandent le plus de prudence entre Péloponnèse, Épire et Crète. De quoi aborder le volant serein, sans mauvaise surprise sur le relevé de carte bancaire au retour.
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Avant de partir
Questions de lecteurs
Quand le nouveau code de la route grec est-il entré en vigueur ?
La loi 5209/2025 a été publiée au Journal officiel le 13 juin 2025 et est entrée en vigueur le 13 septembre 2025. Elle s'applique à tous les conducteurs circulant en Grèce, y compris les visiteurs étrangers au volant d'une voiture de location.
Une amende reçue avec une voiture de location m'est-elle automatiquement transmise ?
Oui. Les loueurs sont tenus de communiquer l'identité du conducteur aux autorités et prélèvent en général des frais de dossier, de 20 à 50 € selon l'agence, en plus du montant de l'amende elle-même. Le prélèvement peut intervenir plusieurs semaines après le retour du véhicule.
Rouler sur la bande d'arrêt d'urgence pour laisser doubler est-il légal ?
Non, ce n'est pas une autorisation légale mais une convention locale largement tolérée sur les routes nationales à une voie. Vous n'êtes jamais obligé de vous y engager si les conditions ne s'y prêtent pas, et il faut rester attentif aux dépassements par la droite qu'elle entraîne chez les autres conducteurs.
Le nouveau code prévoit-il des sanctions plus lourdes pour l'alcool au volant ?
Oui. Le taux légal reste de 0,5 g/L de sang (0,2 g/L pour les jeunes conducteurs), mais l'amende est désormais échelonnée de 200 à 1 200 € selon le taux mesuré, avec un retrait de permis d'au moins 90 jours et une possible comparution devant un tribunal en cas de taux élevé ou de récidive.