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Circuit en Islande par la Route 1 : 7, 10 ou 14 jours, combien en prévoir et quelles étapes

Publié le 1 août 2026 · mis à jour le 13 octobre 2026 · 8 min de lecture

Par Clément Lacaille, éditeur · notre méthode

Pour un circuit en Islande par la Route 1, comptez 7 jours au minimum (1 616 km, jusqu'à 390 km dans la journée la plus longue), 10 jours pour un rythme confortable (1 615 km, aucune journée au-delà de 315 km) et 14 jours pour ajouter Snæfellsnes et Húsavík (2 095 km) : ce sont nos calculs d'itinéraire du 12/10/2026 sur les données OpenStreetMap, aéroport de Keflavík et Cercle d'Or compris. La Route 1 elle-même mesure 1 322 km et n'a été bouclée qu'en 1974, avec l'ouverture du pont sur la Skeiðará. Chaque kilomètre ou presque réclame un arrêt, le vent impose son tempo et les journées de volant s'allongent vite : voici combien de jours prévoir, dans quel sens tourner et où dormir.

Une seule route, 1 322 kilomètres, zéro col infranchissable

La Hringvegur — littéralement « route circulaire » — n’a été bouclée qu’en 1974, quand le pont sur la rivière glaciaire Skeiðará a enfin relié la côte sud-est au reste du pays. Elle mesure aujourd’hui environ 1 322 km, est asphaltée sur la quasi-totalité de son tracé et reste ouverte toute l’année en conditions normales. Pas de col alpin ici : la route franchit quelques hauteurs modestes mais très exposées au vent dans le Nord-Est, et c’est la météo, jamais le relief, qui décide de sa praticabilité.

Deux particularités surprennent les conducteurs européens. D’abord la trentaine de ponts à voie unique encore en service — signalés par le panneau « Einbreið brú » —, concentrés entre Vík et les fjords de l’Est : on ralentit, et la priorité revient au véhicule le plus proche du pont. Ensuite la limitation générale : 90 km/h maximum sur asphalte hors agglomération, 80 km/h sur gravier, sans aucune portion à 110 ou 130. C’est cette vitesse moyenne modeste, ajoutée aux arrêts photo permanents, qui explique pourquoi le tour prend toujours plus de temps que prévu.

Sept jours : le minimum réaliste, pas le tour idéal

Sept jours, c'est le plancher en dessous duquel le tour complet devient une corvée de conduite : environ 230 km par jour en moyenne, et une journée d'environ 390 km entre Jökulsárlón et Egilsstaðir par les fjords de l'Est. Les temps de conduite purs (3 à 6 heures par jour) se transforment vite en journées bien plus longues une fois comptés les cascades, les plages noires et les détours de quelques kilomètres. En cinq ou six jours, on ne fait plus un voyage mais un convoyage : mieux vaut alors renoncer à la boucle et se concentrer sur la côte sud.

Voici la semaine que nous avons calculée, dans le sens antihoraire, au départ de l'aéroport de Keflavík (temps de conduite purs, OSRM sur OpenStreetMap, 12/10/2026) :

  • Jour 1 : aéroport → Cercle d'Or → Hella (246 km, 3 h 50)
  • Jour 2 : côte sud, Seljalandsfoss et Skógafoss → Skaftafell (245 km, 3 h 40)
  • Jour 3 : Jökulsárlón → Höfn → fjords de l'Est → Egilsstaðir (390 km, 6 h 13)
  • Jour 4 : Egilsstaðir → Dettifoss → Mývatn (213 km, 3 h 04)
  • Jour 5 : Mývatn → Goðafoss → Akureyri → Varmahlíð (180 km, 2 h 44)
  • Jour 6 : Varmahlíð → Borgarnes (221 km, 3 h 10)
  • Jour 7 : Borgarnes → aéroport de Keflavík (120 km, 1 h 54)

Dix à quatorze jours : le rythme qui change tout

À partir de dix jours, le tour change de nature. On peut dormir deux nuits au même endroit dans les secteurs les plus denses — côte sud, Skaftafell-Jökulsárlón, Mývatn — et donc marcher : la randonnée vers le glacier à Skaftafell, le tour des pseudo-cratères de Skútustaðir, la caldeira de Krafla. Les fjords de l’Est cessent d’être un simple tronçon de liaison pour devenir une vraie étape, avec leurs villages de pêcheurs et leurs routes en corniche presque vides.

Quatorze jours ouvrent les extensions : la péninsule de Snæfellsnes à l’ouest — environ 200 km de détour pour un condensé d’Islande souvent surnommé « l’Islande en miniature » —, la péninsule de Tröllaskagi entre Akureyri et le Skagafjörður, ou une journée sur le Cercle d’or en fin de parcours. C’est le format que nous recommandons pour une première fois : le même prix de billet d’avion, la même voiture, mais un voyage dont on se souvient autrement.

Circuit de 10 jours en Islande : les étapes et les kilomètres

Le tour en 10 jours est celui que nous conseillons pour une première fois : le même kilométrage que la version en 7 jours, mais une journée posée à Mývatn et aucune étape au-delà de 315 km. Les deux journées longues sont les fjords de l'Est (jour 5) et le retour d'Akureyri vers Borgarnes (jour 9).

Distances et temps calculés le 12/10/2026 avec le moteur d'itinéraire OSRM sur les données OpenStreetMap, en restant sur la route 1 dans les fjords de l'Est (par Breiðdalsvík et Fáskrúðsfjörður) et par Blönduós. Ce sont des temps de conduite purs : ajoutez 15 % en été, davantage par vent fort. La même boucle existe en carte routière à imprimer, gratuite, sur une page A4.

JourTrajetDistanceConduite
1Aéroport de Keflavík → Cercle d'Or → Hella246 km3 h 50
2Côte sud : Seljalandsfoss, Skógafoss → Vík98 km1 h 33
3Vík → Fjaðrárgljúfur → Skaftafell146 km2 h 07
4Skaftafell → Jökulsárlón → Höfn127 km2 h 16
5Fjords de l'Est par la route 1 → Egilsstaðir263 km3 h 57
6Egilsstaðir → Dettifoss → Mývatn (Reykjahlíð)213 km3 h 04
7Mývatn : journée sur place—sur place
8Mývatn → Goðafoss → Akureyri85 km1 h 20
9Akureyri → Borgarnes (par Blönduós)315 km4 h 33
10Borgarnes → aéroport de Keflavík120 km1 h 54
Total1 615 km24 h 34

7, 10 ou 14 jours : les trois circuits comparés

Les trois durées partent et reviennent à l'aéroport de Keflavík, Cercle d'Or compris. La version en 14 jours ajoute la péninsule de Snæfellsnes, Húsavík et une première nuit à Reykjavík, d'où ses 480 km de plus.

DuréeDistanceConduite pureJour le plus longMoyenne par jour
7 jours1 616 km24 h 35390 km231 km
10 jours1 615 km24 h 34315 km162 km
14 jours2 095 km32 h 01263 km150 km

Horaire ou antihoraire : un vrai choix tactique

Le sens antihoraire — côte sud d’abord — est le choix de la sécurité : on engrange dès les premiers jours les sites majeurs (Seljalandsfoss, Skógafoss, Vík, Jökulsárlón), si bien qu’une tempête ou un imprévu en fin de séjour n’ampute que les tronçons les moins spectaculaires. C’est le sens que nous conseillons pour un premier tour, surtout en sept ou huit jours.

Le sens horaire — le Nord d’abord — a d’autres arguments : il garde le meilleur pour la fin, en crescendo jusqu’à Jökulsárlón, et il désynchronise votre progression de celle des excursions à la journée et des groupes qui remontent tous la côte sud dans le même sens depuis Reykjavík. On croise les foules au lieu de les suivre, et l’on aborde les sites les plus courus à contre-flux, tôt le matin ou en fin de journée.

Ce déséquilibre de fréquentation se retrouve dans la littérature : l'analyse de 507 articles de presse sur le « surtourisme » islandais publiée en 2020 par Anna Dóra Sæþórsdóttir, C. Michael Hall et Margrét Wendt (Sustainability) conclut que les médias ne donnent qu'une image partielle de l'affluence dans le pays et parlent peu de la satisfaction des visiteurs face à la nature islandaise. Faire le tour complet, c'est justement sortir des quelques sites que tout le monde voit.

Les étapes, tronçon par tronçon

Le tableau ci-dessous découpe la boucle en six tronçons, dans le sens antihoraire, avec les distances par la Route 1 et le nombre de nuits conseillé pour un tour de dix à douze jours.

TronçonDistance / conduiteÀ ne pas manquerNuits (10-12 j)
Reykjavík → Vík≈ 190 km / 2 h 30Seljalandsfoss, Skógafoss, Reynisfjara2
Vík → Höfn≈ 270 km / 3 h 30Fjaðrárgljúfur, Skaftafell, Jökulsárlón2
Höfn → Egilsstaðir≈ 250 km / 3 h 30Fjords de l’Est, villages de pêcheurs1-2
Egilsstaðir → Mývatn≈ 165 km / 2 hDettifoss, Hverir, lac Mývatn2
Mývatn → Akureyri≈ 100 km / 1 h 15Goðafoss, Akureyri1
Akureyri → Reykjavík≈ 385 km / 5 hVatnsnes, Borgarfjörður (+ Snæfellsnes)1-2 (+2)

Une berline suffit-elle sur la Route 1 ?

Oui, de mai à octobre : la Route 1 est asphaltée et une citadine ou une berline de location y circule sans difficulté, y compris pour les grands détours classiques — Snæfellsnes est goudronnée, et Dettifoss s’atteint par la route 862, asphaltée côté ouest. Louer un 4x4 « au cas où » pour un tour d’été qui reste sur le bitume est l’une des dépenses les plus faciles à économiser en Islande.

Deux nuances tout de même. D’abord, certains accès secondaires restent en gravier (la rive est de Dettifoss par la 864, le raccourci de l’Öxi entre Djúpivogur et Egilsstaðir, raide et non revêtu) : rien d’infranchissable par temps sec, mais les assurances graviers prennent alors tout leur sens. Ensuite, les hautes terres et leurs routes F sont une autre affaire : interdites aux véhicules non 4x4, elles ne concernent pas le tour par la Route 1 — si elles vous tentent, c’est un autre voyage, et un autre budget de location.

Reste l’hiver : de novembre à avril, un 4x4 ou au minimum une traction bien chaussée en pneus hiver cloutés change réellement la donne sur les plaques de glace et dans les congères. La question n’est alors plus le confort, mais la marge de sécurité.

Les pièges qui cassent un tour de l’Islande

Le premier piège est arithmétique : les temps de conduite affichés par le GPS supposent un 90 km/h constant, sans arrêt. Dans les faits, entre les cascades qui surgissent au bord de la route, les ponts à voie unique, les moutons en liberté l’été et les zones de travaux, il faut majorer d’un bon tiers — et prévoir des journées à 250 km maximum si l’on veut encore profiter des étapes.

Le deuxième est le vent. En Islande, la météo de conduite se lit en mètres par seconde : au-delà de 15 à 20 m/s, tenir sa trajectoire devient fatigant, et des rafales plus fortes arrachent régulièrement des portières de voitures de location ouvertes face au vent. Avant chaque étape, un réflexe : consulter les cartes d'état des routes et de vent de l'administration routière (umferdin.is) et les alertes de safetravel.is, et accepter de décaler un départ de quelques heures. L'enjeu n'est pas théorique : l'étude d'Auður Þóra Árnadóttir, Guðmundur Úlfarsson et Sungyop Kim (Traffic Safety Research, 2025), fondée sur 712 rapports de police d'accidents à un seul véhicule sur le réseau rural islandais (2016-2018), montre que heurter des rochers ou un talus raide après une sortie de route fait plus que doubler la probabilité de blessures graves ou mortelles.

Dernier trio de pièges : la vitesse, les ponts et le gravier. Les excès de vitesse coûtent cher — comptez en centaines d’euros, radars fixes à l’appui, notamment dans le tunnel de Hvalfjörður —, les ponts à voie unique exigent un vrai ralentissement même quand ils semblent dégagés, et le passage de l’asphalte au gravier se négocie pied levé : c’est là que se produisent la plupart des pertes de contrôle de conducteurs étrangers.

Faire le tour en hiver : pour qui, vraiment ?

La Route 1 reste officiellement ouverte toute l’année, mais l’hiver change les règles du jeu : des tronçons entiers ferment plusieurs heures ou plusieurs jours lors des tempêtes, en particulier dans le Sud-Est et le Nord-Est, et la lumière du jour se réduit à quatre ou cinq heures autour du solstice de décembre. Un tour complet en janvier suppose d’accepter des journées bloquées à l’hôtel et un itinéraire renégocié chaque matin selon l’état des routes.

Pour un conducteur qui n’a jamais roulé sur neige et glace, nous le déconseillons franchement : mieux vaut alors une base sur la côte sud-ouest, avec des excursions en étoile vers le Cercle d’or et la côte sud, quitte à garder la boucle complète pour un retour entre mai et septembre. Les conducteurs aguerris, eux, y trouveront des aurores boréales, des sites déserts et des tarifs de location en retrait — à condition de prévoir 10 à 14 jours pour absorber les aléas, jamais 7.

Le verdict

Sept jours pour cocher la boucle, dix à douze pour la vivre, quatorze pour y ajouter Snæfellsnes : voilà l’équation du tour de l’Islande par la Route 1. Sens antihoraire pour sécuriser les sites majeurs dès le début, sens horaire pour finir en apothéose et rouler à contre-flux — les deux se défendent, l’essentiel étant de ne pas dépasser 250 km de conduite par jour.

Côté véhicule, une simple berline suffit sur l’asphalte de mai à octobre ; le budget gagné sur le 4x4 sera mieux investi dans une nuit de plus au bord du lac Mývatn ou face à la lagune de Jökulsárlón. Et quelle que soit la saison : la météo commande, la route suit — c’est la première règle du voyage islandais.

Sources

  1. Sæþórsdóttir A. D., Hall C. M., Wendt M. (2020). « Overtourism in Iceland: Fantasy or Reality? », Sustainability. DOI 10.3390/su12187375
  2. Arnadottir A. T., Ulfarsson G. F., Kim S. (2025). « Single-vehicle injury crashes on rural roads in Iceland: contribution of unforgiving roadsides to fatal and serious injuries of vehicle occupants », Traffic Safety Research. DOI 10.55329/bkrk9175
  3. Umferðin — état des routes (Vegagerðin)
  4. Safetravel.is — alertes (ICE-SAR)

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Questions de lecteurs

Combien de jours faut-il pour faire le tour de l’Islande par la Route 1 ?

Sept jours constituent le minimum réaliste : 1 616 km au départ de l'aéroport de Keflavík, avec une journée d'environ 390 km dans les fjords de l'Est. Dix jours donnent un rythme confortable pour le même kilométrage (1 615 km, aucune journée au-delà de 315 km, une journée posée à Mývatn) ; quatorze jours ajoutent la péninsule de Snæfellsnes et Húsavík (2 095 km). Calculs d'itinéraire OSRM sur OpenStreetMap du 12/10/2026.

Dans quel sens faire le tour de l’Islande ?

Le sens antihoraire (côte sud d’abord) sécurise les sites majeurs dès les premiers jours : c’est le choix recommandé pour une première fois ou un tour court. Le sens horaire garde le meilleur pour la fin et permet de rouler à contre-flux des excursions parties de Reykjavík.

Peut-on faire le tour de l’Islande avec une simple berline ?

Oui, de mai à octobre : la Route 1 est asphaltée sur la quasi-totalité de son tracé, tout comme les grands détours classiques (Snæfellsnes, Dettifoss par la route 862). Le 4x4 ne devient pertinent qu’en hiver, pour la marge de sécurité sur glace, ou si l’itinéraire quitte le bitume vers les routes F.

Peut-on faire le tour de l’Islande en hiver ?

C’est possible mais déconseillé aux conducteurs sans expérience de la neige : des tronçons ferment lors des tempêtes, le jour se réduit à quatre ou cinq heures en décembre et l’itinéraire doit être renégocié chaque matin. Mieux vaut alors une base sur la côte sud-ouest — ou prévoir 10 à 14 jours pour absorber les aléas.