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Louer une voiture en Jordanie : permis, assurance et franchise, ce qu’il faut vérifier avant Petra et le Wadi Rum

Publié le 24 juillet 2026 · mis à jour le 24 juillet 2026 · 8 min de lecture

« Faut-il un permis de conduire international pour louer une voiture en Jordanie ? » Sur les forums de voyageurs, la question revient sans cesse — et la réponse, à la lettre, n’est pas tout à fait celle qu’on croit. Officiellement, la loi jordanienne exige un permis international en complément du permis national. Dans les faits, la quasi-totalité des loueurs — grandes enseignes internationales comme agences locales — acceptent un simple permis national détenu depuis au moins un an, pour les ressortissants de l’Union européenne, du Royaume-Uni, des États-Unis, du Canada ou d’Australie. Entre ces deux vérités se glissent la franchise réelle en cas d’accrochage, le Jordan Pass qui efface le visa dès la troisième nuit, et une poignée de pièges routiers — ralentisseurs invisibles, checkpoints, frontière fermée aux voitures de location — qu’il vaut mieux connaître avant de prendre la King’s Highway direction Petra et le Wadi Rum.

Permis national ou permis international : ce qui se passe vraiment au comptoir

La position officielle du royaume est claire sur le papier : un permis de conduire international (PCI) est requis en plus du permis national pour louer et conduire un véhicule en Jordanie. En pratique, la majorité des loueurs — internationaux (Hertz, Avis, Europcar, Sixt) comme agences locales à Amman ou Aqaba — se contentent d’un permis national valable depuis au moins un an, pour les nationalités européennes, britannique, américaine, canadienne ou australienne. C’est un fonctionnement inverse de celui du Japon, où le permis international est parfois refusé plutôt qu’accepté sans vérification.

Ce flou ne doit pas pousser à faire l’impasse : demander un PCI avant le départ coûte quelques euros et quelques semaines de délai (7,25 € et deux à quatre semaines en France via l’ANTS), pour un vrai filet de sécurité. En cas d’accident ou de contrôle à un checkpoint, un agent ou un assureur tatillon peut exiger le document — et son absence complique alors une déclaration qui, sans lui, se règle en quelques minutes.

Reste la question de l’âge : la conduite est légale dès 18 ans en Jordanie, mais les loueurs fixent presque tous un minimum de 21 ans, avec un supplément « jeune conducteur » systématique en dessous de 25 ans. Une carte de crédit à son nom est indispensable pour la caution — les espèces ou la carte de débit sont refusées partout.

Assurance et franchise : le vrai coût d’un accrochage

L’assurance incluse dans le tarif de base couvre la responsabilité civile et les dommages, mais avec une franchise (CDW) substantielle : comptez entre 300 et 600 JOD (environ 390 à 780 €) restant à charge en cas de sinistre, même mineur. C’est le chiffre qui manque le plus souvent sur les comparateurs de prix, alors qu’il pèse bien plus lourd qu’une différence de quelques dinars par jour entre deux loueurs.

Deux options réduisent ce risque : le rachat partiel de franchise, qui abaisse le montant restant à charge pour un supplément journalier modéré, et l’assurance tous risques (« zéro franchise »), plus chère mais qui neutralise l’essentiel du risque financier — hors exclusions classiques comme le hors-piste ou les dommages au dessous de caisse, fréquents sur les pistes secondaires du Wadi Rum ou de Dana. Avant de payer une surprime à l’agence, mieux vaut vérifier sa carte bancaire haut de gamme (Visa Premier, Gold Mastercard…) : plusieurs incluent une assurance location de véhicule à l’étranger qui couvre une partie ou la totalité de cette franchise, à condition d’avoir réglé la location avec cette même carte.

Formule d’assuranceFranchise en cas d’accidentSupplément indicatifÀ savoir
Assurance de base (incluse à la location)300 à 600 JODAucunResponsabilité civile + dommages, franchise élevée à votre charge
Rachat partiel de franchise100 à 200 JOD+10 à 15 JOD/jourRéduit la franchise sans l’annuler totalement
Tous risques / franchise zéro0 JOD (hors exclusions)+20 à 30 JOD/jourVérifiez l’exclusion hors-piste avant le Wadi Rum ou Dana

Le Jordan Pass, la première économie du voyage

Avant même de choisir un loueur, le Jordan Pass mérite d’être acheté en ligne : à partir de 70 JOD (formule « Wanderer », un jour à Petra), il inclut l’entrée à plus de 40 sites — Petra, Jerash, le château de Kerak — et surtout efface les 40 JOD de visa d’entrée pour tout séjour d’au moins trois nuits dans le pays. Pour deux jours à Petra, la formule « Explorer » à 75 JOD reste la plus raisonnable : la marche jusqu’au Monastère et les hauteurs d’Al-Khubtha valent largement l’écart de 5 JOD avec le billet simple.

Le Pass ne couvre en revanche ni la location de voiture, ni l’assurance, ni Petra by Night : c’est un budget à part, à préparer en complément de celui du véhicule. Pour caler l’ensemble de l’itinéraire — King’s Highway, mer Morte, Wadi Rum — notre page dédiée au pays et le guide « Jordanie en autonomie » détaillent budget, saisons et étapes jour par jour.

Sur la route : ralentisseurs invisibles, radars et checkpoints

Le vrai piège jordanien n’est pas le trafic — clairsemé hors d’Amman — mais les ralentisseurs non signalés à l’entrée de chaque village, un classique qui surprend même les conducteurs locaux. Les radars fixes se multiplient sur la Desert Highway, et les checkpoints de police, fréquents sur les grands axes, restent routiniers : passeport, sourire, et « welcome to Jordan » suffisent dans l’immense majorité des cas.

Une étude d’Ala’a B. Al-Tammemi et ses coauteurs, publiée en 2024 dans la revue Cureus, a passé en revue les rapports de la Direction de la sécurité publique jordanienne sur les accidents de la route entre 2013 et 2021 : elle confirme que les facteurs humains — vitesse excessive, conduite agressive, non-port de la ceinture — dominent largement les causes d’accidents dans le pays, devant l’état de l’infrastructure elle-même (étude consultable via Google Scholar : scholar.google.com/scholar?q=Al-Tammemi+Navigating+Road+Traffic+Accidents+in+Jordan+Retrospective+Health+Economic+Impacts). Un rappel utile pour calibrer sa vitesse sur une route par ailleurs facile, en particulier de nuit : les bas-côtés sont souvent absents et les camions circulent parfois sans éclairage correct, d’où la consigne unanime de ne pas rouler après la tombée du jour.

Ce que la voiture de location ne peut pas faire

Deux limites méritent d’être connues avant de signer le contrat. La première : aucun des points de passage terrestres entre la Jordanie et Israël (King Hussein/Allenby, Wadi Araba/Eilat, cheikh Hussein) n’autorise le passage d’une voiture de location — jordanienne ou israélienne — d’un côté à l’autre. Il faut la restituer avant la frontière et poursuivre à pied, en taxi ou en minibus.

La seconde concerne le Wadi Rum : la zone protégée ne se parcourt qu’à bord des pick-up conduits par des guides bédouins locaux, l’accès aux visiteurs en véhicule personnel y étant interdit — et l’assurance des loueurs exclut de toute façon le hors-piste. La voiture de location reste garée en sécurité au village de Rum ou au centre des visiteurs, le temps de la virée en 4x4 et de la nuit en camp.

Citadine ou 4x4, agence internationale ou locale ?

Contrairement à d’autres destinations self-drive du site, la Jordanie ne réclame pas de 4x4 : les grands axes (Desert Highway, King’s Highway, route 65 de la mer Morte) sont goudronnés et en bon état, et une simple citadine climatisée suffit pour l’ensemble du circuit — le tout-terrain ne sert qu’au Wadi Rum, où l’on roule de toute façon avec un chauffeur bédouin.

Les enseignes internationales, présentes à l’aéroport Queen Alia d’Amman, rassurent sur le service après-vente et l’assistance en cas de panne, moyennant un tarif plus élevé. Les agences locales pratiquent souvent 20 à 30 % moins cher, avec un parc plus ancien : avant de signer, il vaut mieux photographier l’état du véhicule sous tous les angles, vérifier la présence d’une roue de secours gonflée et lire la ligne « franchise » du contrat aussi attentivement que le prix affiché.

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Avant de partir

Questions de lecteurs

Faut-il absolument un permis de conduire international pour louer une voiture en Jordanie ?

Officiellement oui, en complément du permis national. En pratique, la plupart des loueurs — internationaux et locaux — acceptent un permis national détenu depuis au moins un an pour les ressortissants européens, britanniques, américains, canadiens ou australiens. Le permis international reste néanmoins recommandé : peu coûteux, il évite toute complication en cas d’accident ou de contrôle.

Quelle franchise en cas d’accident avec une voiture de location en Jordanie ?

L’assurance de base laisse généralement une franchise de 300 à 600 JOD (environ 390 à 780 €) à votre charge. Un rachat partiel ou une formule tous risques permet de la réduire, voire de l’annuler, moyennant un supplément journalier de 10 à 30 JOD.

Le Jordan Pass couvre-t-il la location de voiture ?

Non. Le Jordan Pass efface le visa d’entrée (pour un séjour de trois nuits ou plus) et donne accès à Petra et à une quarantaine d’autres sites, mais ne couvre ni la location, ni l’assurance du véhicule, ni Petra by Night.

Peut-on conduire sa voiture de location jusqu’en Israël ou en Cisjordanie ?

Non, aucun des postes-frontières terrestres entre la Jordanie et Israël n’autorise le passage d’une voiture de location. Il faut la restituer avant la frontière et poursuivre le trajet à pied ou en transport local.