Carnet de la maison
Péages, tunnels et parkings payants en Islande : ce que votre voiture de location vous coûtera vraiment
Publié le 26 août 2026 · mis à jour le 26 août 2026 · 8 min de lecture
Vous rendez la voiture à Keflavík, vous rentrez chez vous, et trois semaines plus tard votre carte est débitée de sommes que vous ne comprenez pas. L'Islande n'a pourtant aucune autoroute à péage. Ce qui se paie, c'est un tunnel unique près d'Akureyri, les parkings des sites naturels, le stationnement à Reykjavík — et les frais de dossier que le loueur ajoute quand vous avez oublié l'un des trois. Voici la liste réelle des prélèvements en 2026, les délais de paiement, les pénalités, et la routine du soir qui évite tout ça.
En Islande, il n'y a pas d'autoroute à péage — mais il y a des frais
Rouler en Islande ne coûte rien en soi. La route 1, les routes secondaires goudronnées, les pistes de gravier et même les pistes F ne se paient pas. Il n'existe aucun réseau autoroutier concédé, aucune vignette, aucun portique de télépéage sur le tour de l'île. Ce qui se paie, c'est autre chose : un seul tunnel routier, les parkings aménagés des sites naturels, le stationnement urbain à Reykjavík et les ferries. Les sites eux-mêmes appartiennent souvent à des agriculteurs, à des communes ou à un parc national, et depuis quelques saisons la règle s'est généralisée : on ne facture pas l'accès à la cascade, on facture la place de voiture devant.
Le mécanisme est presque toujours le même, et c'est lui qui piège les voyageurs : il n'y a pas de barrière. Une caméra lit votre plaque, ou bien une borne vous demande de taper vous-même votre immatriculation. Vous repartez sans rien avoir payé, et la facture suit la plaque. Comme cette plaque est celle du loueur, la créance finit sur son bureau — puis sur votre carte, avec des frais de dossier en supplément. Le tableau ci-dessous résume ce qui se paie réellement, comment, et sous quel délai.
| Ce qui se paie | Comment | Délai de paiement | Si on oublie |
|---|---|---|---|
| Tunnel de Vaðlaheiði, près d'Akureyri | veggjald.is, application Veggjald, borne aux têtes du tunnel | 24 h avant ou après le passage | Créance transmise à un service de recouvrement, frais en plus |
| Parkings de sites naturels (Þingvellir, Seljalandsfoss, Skógafoss, Geysir, Skaftafell…) | Borne à l'entrée, application Parka, checkit.is, plaque lue par caméra | Le jour même jusqu'à minuit, parfois 24 h | Pénalité de retard, puis facture au loueur, puis au client |
| Droit d'entrée de Kerið, terrain privé | Caisse à l'entrée ou billet acheté en ligne | Avant la visite, sur place | Pas d'accès au cratère |
| Stationnement à Reykjavík, zones P1 à P4 | Horodateur ou application (Parka, EasyPark) | Pendant le stationnement | Amende de stationnement, refacturée par le loueur |
| Ferries (Vestmannaeyjar, Baldur) | Réservation en ligne à l'avance | Avant le départ | Plus de place à bord pour la voiture |
Vaðlaheiðargöng, le seul tunnel à péage du pays
Il est unique, et beaucoup de voyageurs le traversent sans le savoir. Le tunnel de Vaðlaheiði, ouvert en décembre 2018, mesure 7,4 km et passe sous la montagne juste à l'est d'Akureyri, sur la route 1, dans le sens d'Akureyri vers Húsavík et le lac Mývatn. Il n'y a ni barrière, ni guichet, ni ralentisseur : deux caméras lisent votre plaque à l'entrée et à la sortie, et c'est tout. Rien ne vous signale que vous venez de contracter une dette de quinze euros.
Le tarif officiel publié sur veggjald.is pour un véhicule de moins de 3,5 tonnes est de 2 216 ISK le trajet simple et 4 432 ISK l'aller-retour depuis le 2 mars 2026, soit de l'ordre de 15 € au trajet. Le délai est court et c'est le point crucial : le paiement d'un trajet simple doit être effectué dans les 24 heures avant ou après le passage. On paie sur veggjald.is ou tunnel.is, par virement bancaire, via l'application Veggjald, et des bornes libre-service ont été installées aux deux têtes du tunnel. Passé le délai, la créance part chez un organisme de recouvrement avec des frais qui s'ajoutent, puis remonte au propriétaire du véhicule, c'est-à-dire au loueur.
Vous pouvez aussi l'éviter gratuitement. L'ancienne route 1 franchit le col de Víkurskarð et rejoint le même itinéraire : le tunnel raccourcit le trajet Akureyri–Húsavík d'environ 16 km, ce qui représente une dizaine de minutes de plus par le col. En été, le détour est agréable et l'économie réelle. En hiver, c'est une autre affaire : le col est régulièrement fermé ou difficile par mauvais temps, et c'est précisément pour cela que le tunnel a été creusé. À 2 216 ISK, payer est souvent le bon choix entre novembre et avril.
Hvalfjörður : le péage a disparu en 2018, et les autres tunnels sont gratuits
C'est l'erreur la plus répandue dans les guides périmés. Le tunnel de Hvalfjörður, qui passe sous le fjord au nord de Reykjavík sur la route 1 en direction de Borgarnes, a bien été payant pendant vingt ans. Le trafic ayant dépassé les prévisions, la dette de construction a été remboursée en avance, l'ouvrage a été transféré à l'administration routière islandaise (Vegagerðin) et le péage a été supprimé le 28 septembre 2018. Depuis cette date, il est entièrement gratuit. Si un article vous dit encore de prévoir de la monnaie pour Hvalfjörður, il date d'avant 2018 et le reste de ses informations est probablement aussi périmé.
Tous les autres tunnels du pays sont gratuits : Fáskrúðsfjörður et Norðfjörður à l'est, Almannaskarð au sud-est, Bolungarvík et Dýrafjörður dans les fjords de l'Ouest. Gratuit ne veut pas dire facile pour autant. Plusieurs tunnels islandais sont à voie unique, avec des aires de croisement signalées « M » creusées dans la paroi tous les 100 à 150 mètres. Le plus connu est Múlagöng, 3,4 km entre Dalvík et Ólafsfjörður, étroit et sombre. Un panneau à deux flèches indique qui a la priorité : la flèche noire passe, la flèche rouge cède. Si vous êtes dans le sens non prioritaire, vous vous rangez dans la prochaine aire « M » dès que vous voyez des phares en face. Feux allumés, vitesse réduite, et on ne s'arrête jamais ailleurs que dans une aire.
Les parkings payants des sites naturels : la liste 2026
C'est le poste qui a le plus changé ces trois dernières saisons, et celui qui génère le plus de prélèvements a posteriori. Le principe reste le même partout : le site est libre d'accès, c'est la place de stationnement qui se paie, au forfait, quelle que soit la durée de la visite. Rien n'est mutualisé d'un site à l'autre, sauf à l'intérieur d'un même parc national. Voici les tarifs constatés en 2026 sur les sites officiels des lieux concernés, pour une voiture de tourisme.
- Þingvellir : 1 000 ISK pour une voiture de 5 places au maximum, 1 200 ISK de 6 à 9 places. Le paiement vaut pour la journée sur tous les parkings du parc (P1 Hakið, P2 Efri-Vellir, P5 Valhöll). Gratuit entre 18 h et 8 h et pour un arrêt de moins de dix minutes.
- Geysir : 1 000 ISK, application Parka. Gullfoss, à huit kilomètres de là, reste gratuit — parking comme accès.
- Kerið : 700 ISK par personne, gratuit pour les moins de 12 ans. Ce n'est pas un parking mais un droit d'entrée sur un terrain privé, et le stationnement est compris dedans.
- Seljalandsfoss : 1 000 ISK forfaitaires quelle que soit la durée, borne automatique sur place ou paiement en ligne sur checkit.is.
- Skógafoss : 1 000 ISK, application Parka.
- Reynisfjara : de 750 à 1 000 ISK selon que vous vous garez sur le parking haut ou le parking bas, application Parka. Dyrhólaey, la falaise voisine, est resté gratuit.
- Skaftafell et Jökulsárlón, dans le parc national du Vatnajökull : 1 110 ISK par véhicule de 5 places au maximum, valable jusqu'à minuit avec entrées et sorties libres, et 50 % de réduction sur le second site payant du parc visité le même jour.
- Ailleurs : Fjaðrárgljúfur, Kirkjufell, Dynjandi, Brúarfoss, Sólheimajökull… la liste s'allonge à chaque saison.
Comment on paie, et ce qui se passe si on oublie
Trois systèmes coexistent. Les bornes automatiques, où vous payez par carte en tapant votre immatriculation. Les applications, dont Parka est de loin la plus répandue sur les sites naturels, complétée par checkit.is à Þingvellir et Seljalandsfoss et par EasyPark en ville. Et les caméras qui lisent les plaques à l'entrée et à la sortie, comme à Hakið à Þingvellir, où le système compare votre plaque au registre des immatriculations. Dans les trois cas, l'identifiant est votre plaque : il n'y a le plus souvent aucun ticket à poser sur le tableau de bord, et rien ne vous empêche physiquement de repartir sans payer.
Les délais sont courts mais pas irréalistes. Les redevances des parcs nationaux valent jusqu'à minuit le jour du paiement. Sur les parkings gérés par Parka, vous pouvez régler jusqu'à environ 24 heures après votre passage. Au-delà, une pénalité de retard de l'ordre de 1 500 à 2 000 ISK s'ajoute, et la créance suit la plaque jusqu'au loueur. C'est utile à savoir parce que la couverture mobile est mauvaise à plusieurs de ces sites : si l'application ne se connecte pas au pied de la cascade, ce n'est pas grave, vous paierez le soir en wifi depuis votre logement.
Ce basculement vers la tarification n'est pas un hasard. Une étude de María Reynisdóttir, Haiyan Song et Jerome Agrusa, publiée en 2008 dans Tourism Management, avait déjà mesuré par enquête sur place, à Gullfoss et à Skaftafell, que plus de 92 % des 252 visiteurs interrogés se déclaraient prêts à payer un droit d'entrée, et que des montants modérés ne feraient pas baisser significativement la fréquentation (étude consultable sur Google Scholar : scholar.google.com/scholar?q=Reynisdottir+Song+Agrusa+Willingness+to+pay+entrance+fees+to+natural+attractions+Icelandic+case+study). Ce résultat explique bien ce qu'on observe aujourd'hui : des tarifs volontairement bas, autour de 1 000 ISK, mais appliqués partout.
Ce que le loueur refacture, et quand
Le loueur est le propriétaire enregistré du véhicule. Tout ce que vous n'avez pas payé lui revient : parking de site naturel impayé, péage de tunnel impayé, amende de stationnement en ville, contravention de radar. Il règle à votre place, puis prélève la somme sur la carte que vous avez laissée en garantie, en ajoutant ses propres frais de dossier. Les ordres de grandeur constatés chez les loueurs islandais en 2026 tournent autour de 2 000 ISK par parking ou péage impayé, et de 3 000 à 6 000 ISK par contravention traitée, mais cela varie d'une société à l'autre : la clause figure dans votre contrat, lisez-la avant de signer.
Le vrai piège est le calendrier. Le traitement d'un contrôle radar par la police prend des semaines, parfois davantage, et le prélèvement peut tomber un à trois mois après votre retour, sur une carte dont vous aviez oublié qu'elle servait de caution. Deux conséquences pratiques : gardez la carte valide et une adresse e-mail relevée pendant au moins trois mois, et n'ignorez pas un message du loueur. Les amendes elles-mêmes sont lourdes en Islande, de l'ordre de 10 000 ISK pour un petit dépassement et jusqu'à 70 000 ISK et au-delà à plus de 20 km/h au-dessus de la limite. Sur des limites à 90 km/h sur route goudronnée et 80 km/h sur gravier, c'est vite arrivé.
Les autres frais qui surprennent : Reykjavík, les pompes et les ferries
Trois derniers postes échappent à la logique du péage mais pèsent sur le budget, et deux d'entre eux se préparent avant le départ. Reykjavík applique d'abord quatre zones de stationnement payant, avec des tarifs et des horaires qui diffèrent nettement de l'une à l'autre. Viennent ensuite les pompes automatiques, et enfin les ferries, qui ne sont pas des péages mais une ligne de dépense à part entière. Voici les tarifs officiels publiés par la ville en 2026 et les autres frais qui étonnent les voyageurs.
- Zone P1, l'hypercentre : 660 ISK de l'heure, payant de 9 h à 21 h en semaine et de 10 h à 21 h le week-end.
- Zone P2 : 240 ISK de l'heure, mêmes horaires que la P1.
- Zone P3 : 240 ISK de l'heure les deux premières heures, puis 70 ISK, payant de 9 h à 18 h en semaine uniquement.
- Zone P4, la couronne extérieure : 240 ISK de l'heure, payant de 8 h à 16 h en semaine uniquement — la solution la moins chère pour laisser la voiture une journée.
- Stations-service automatiques : une carte à puce avec code est indispensable, une carte sans code ou à signature ne passe pas. Certaines enseignes acceptent mal les cartes étrangères en libre-service ; c'est la raison d'être des cartes carburant prépayées vendues en boutique, qui restent le filet de sécurité le plus simple.
- Ferry pour les îles Vestmann, au départ de Landeyjahöfn : de l'ordre de 4 050 ISK pour une voiture de moins de 5 m et 2 700 ISK par adulte en 2026, 45 minutes de traversée, réservation indispensable pour un véhicule.
- Ferry Baldur, de Stykkishólmur à Brjánslækur via l'île de Flatey : de l'ordre de 7 700 ISK par adulte et autant pour une voiture de moins de 5 m en haute saison, environ 2 h 30 de traversée.
La routine qui évite tout : payer le soir même
La méthode tient en cinq minutes par jour. Installez Parka avant de partir, et notez dans votre téléphone, au fil de la journée, chaque parking où vous vous êtes garé et s'il était payant ou non. Le soir, au logement, en wifi : vous reprenez la liste, vous soldez ce qui reste, et vous payez le tunnel si vous l'avez traversé dans les vingt-quatre heures. Gardez les confirmations par e-mail dans un dossier. Au retour, vérifiez votre relevé bancaire à un mois puis à trois mois — c'est la fenêtre pendant laquelle les prélèvements différés tombent, et c'est le seul moyen de contester à temps un montant qui ne correspond à rien.
Ces frais ne vont pas disparaître, au contraire. Une étude d'Anna Dóra Sæþórsdóttir et C. Michael Hall, publiée en 2021 dans le Journal of Sustainable Tourism, a comparé trois enquêtes menées auprès des visiteurs de Landmannalaugar en 2000, 2009 et 2019 avec le même questionnaire, et montre que la satisfaction a baissé sur la période tandis que la question de la surfréquentation prenait une importance croissante pour les visiteurs (étude consultable sur Google Scholar : scholar.google.com/scholar?q=Saethorsdottir+Hall+Visitor+satisfaction+in+wilderness+in+times+of+overtourism+longitudinal+study). Les parkings payants financent précisément les sentiers, les toilettes et les passerelles qui répondent à ce problème. Dernier point, et il est important : tarifs, délais et liste des sites payants évoluent vite, parfois d'une saison à l'autre. Revérifiez sur veggjald.is et sur les sites officiels des lieux que vous visez avant de partir.
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Avant de partir
Questions de lecteurs
Y a-t-il des péages sur la route 1 en Islande ?
Il n'existe aucun réseau autoroutier à péage ni vignette en Islande. Un seul ouvrage est payant : le tunnel de Vaðlaheiði, à l'est d'Akureyri, qui se trouve effectivement sur le tracé de la route 1 vers Húsavík et Mývatn. Tout le reste du tour de l'île est gratuit, y compris le tunnel de Hvalfjörður au nord de Reykjavík.
Combien coûte le tunnel de Vaðlaheiði et comment le payer ?
Le tarif officiel pour une voiture de moins de 3,5 tonnes est de 2 216 ISK le trajet simple et 4 432 ISK l'aller-retour depuis mars 2026. Il n'y a aucune barrière : des caméras lisent votre plaque. Vous devez payer sur veggjald.is, via l'application Veggjald ou à une borne aux têtes du tunnel, dans les 24 heures avant ou après le passage.
Que se passe-t-il si j'oublie de payer un parking de site naturel en Islande ?
Vous pouvez généralement régulariser le soir même ou dans les 24 heures depuis votre logement. Passé ce délai, une pénalité d'environ 1 500 à 2 000 ISK s'ajoute et la créance remonte au propriétaire de la plaque, donc au loueur. Celui-ci paie puis vous prélève la somme sur votre carte avec des frais de dossier, souvent autour de 2 000 ISK, plusieurs semaines après votre retour.
Les parkings de Þingvellir, Seljalandsfoss et Skógafoss sont-ils payants en 2026 ?
Oui, à 1 000 ISK la voiture pour chacun des trois. Skaftafell et Jökulsárlón sont à 1 110 ISK, Geysir à 1 000 ISK, Reynisfjara de 750 à 1 000 ISK. Kerið fonctionne différemment : 700 ISK par personne en droit d'entrée sur un terrain privé, stationnement compris. Gullfoss et Dyrhólaey sont restés gratuits en 2026.
Le tunnel de Hvalfjörður est-il encore payant ?
Non. Le péage du tunnel de Hvalfjörður a été supprimé le 28 septembre 2018, la dette de construction ayant été remboursée avant terme grâce à un trafic supérieur aux prévisions. L'ouvrage est passé sous la gestion de l'administration routière islandaise et le passage est gratuit depuis cette date. Les guides qui affirment le contraire n'ont pas été mis à jour.
Faut-il réserver le ferry pour les îles Vestmann avec une voiture ?
Oui, systématiquement. Les places véhicules du Herjólfur, au départ de Landeyjahöfn, sont peu nombreuses et partent vite en haute saison, alors que les places passagers restent souvent disponibles. Comptez de l'ordre de 4 050 ISK pour une voiture de moins de 5 m et 2 700 ISK par adulte en 2026, pour 45 minutes de traversée. Même logique pour le ferry Baldur vers les fjords de l'Ouest.