Carnet de la maison

Quand partir en Islande ? Le guide mois par mois

Publié le 30 juillet 2026 · mis à jour le 30 juillet 2026 · 8 min de lecture

L'Islande ne se visite pas de la même façon en juin et en janvier : entre le soleil de minuit de l'été et les aurores boréales de l'hiver, chaque saison offre une expérience radicalement différente. Voici, mois par mois, comment choisir la période qui colle à vos envies, votre budget et votre tolérance à la foule.

Il n'y a pas de mauvaise saison, seulement des priorités

En Islande, la question n'est pas tant "quand fait-il beau ?" que "qu'est-ce que je veux voir ?". Le climat reste changeant toute l'année, avec du vent, de la pluie et des éclaircies parfois dans la même heure : on prévoit toujours des couches et un bon coupe-vent, quelle que soit la date. Ce qui varie vraiment d'un mois à l'autre, c'est la durée du jour, l'ouverture des routes et la possibilité de voir des aurores.

Autre paramètre à intégrer : l'affluence. Le tourisme islandais a explosé ces dernières années et se concentre massivement en été. Une étude de Sæþórsdóttir et Saarinen publiée en 2013, "Managing popularity: changes in tourist attitudes in a wilderness destination", documente cette montée de la fréquentation et l'évolution du rapport des visiteurs à la foule dans les espaces sauvages islandais (scholar.google.com/scholar?q=Managing+popularity+changes+tourist+attitudes+wilderness+destination+Iceland). Si éviter les sites bondés et les prix records compte pour vous, cela plaide pour les intersaisons.

L'été (juin-août) : soleil de minuit et hautes terres ouvertes

C'est la haute saison pour de bonnes raisons. Les jours sont quasi sans nuit grâce au soleil de minuit, les températures sont douces, et surtout les routes F des hautes terres (Landmannalaugar, Thorsmork, Askja...) ouvrent progressivement, ce qui donne accès à l'intérieur volcanique du pays. Randonnée, road trip complet du tour de l'île, macareux sur les falaises : l'été permet presque tout.

Le revers : c'est aussi la période la plus fréquentée et la plus chère, avec des hébergements à réserver longtemps à l'avance. Et il faut l'assumer, en été il n'y a pas d'aurores boréales : les nuits sont trop claires pour qu'on les voie, même si l'activité solaire est présente. Si votre rêve est de danser sous les lumières vertes, l'été n'est pas votre saison.

L'hiver (novembre-mars) : aurores, glace et paysages blancs

L'hiver, c'est le décor de carte postale : neige, cascades gelées, grottes de glace bleues sous les glaciers et, surtout, la chasse aux aurores boréales. D'octobre à février, les nuits sont les plus longues, ce qui multiplie les créneaux d'observation. Rien n'est jamais garanti (il faut un ciel dégagé et de l'activité géomagnétique), mais les probabilités sont à leur maximum.

En contrepartie, les journées sont très courtes (parfois 4 à 5 heures de lumière en décembre), la météo est instable, les hautes terres sont fermées et la conduite devient exigeante : routes verglacées, tempêtes de vent, visibilité réduite. On lève le pied sur le programme, on privilégie le sud accessible et on se renseigne chaque matin sur les conditions.

Les intersaisons (mai et septembre) : le meilleur compromis

Mai et septembre sont souvent les périodes préférées des voyageurs avertis. On profite encore de journées longues, les prix redescendent, les sites sont nettement moins bondés qu'en plein été, et on retrouve un rapport plus apaisé aux paysages sauvages, exactement ce que décrit l'étude de Sæþórsdóttir et Saarinen sur la fatigue de l'affluence estivale.

Bonus non négligeable : en septembre, les premières nuits sombres permettent déjà de tenter les aurores, tandis qu'en mai on garde une chance d'en apercevoir encore en tout début de mois. Attention toutefois, en mai certaines routes F des hautes terres restent fermées et l'accès à l'intérieur du pays n'est pas encore garanti : vérifiez avant de planifier un itinéraire 4x4.

Tableau récapitulatif : quelle saison pour quoi ?

Voici une synthèse pour situer d'un coup d'oeil les atouts et les limites de chaque période selon ce que vous recherchez.

Gardez en tête que ces repères valent pour une année "normale" : la météo islandaise peut toujours réserver des surprises, et une bonne dose de flexibilité reste votre meilleure alliée.

SaisonAtoutsLimites
Été (juin-août)Soleil de minuit, routes F ouvertes, températures douces, tour de l'île completAffluence et prix maximaux, aucune aurore
Hiver (nov-mars)Aurores boréales, grottes de glace, paysages enneigésJours très courts, météo instable, hautes terres fermées, conduite difficile
Intersaison (mai)Moins de monde, prix plus doux, jours encore longsCertaines routes F encore fermées, aurores en fin de saison seulement
Intersaison (septembre)Moins de monde, prix plus doux, premières aurores possiblesRoutes F qui commencent à fermer, météo qui se dégrade

Aurores boréales : la fenêtre à connaître

Les aurores boréales sont visibles environ de fin août ou septembre jusqu'à début avril, c'est-à-dire quand les nuits sont assez sombres. Le coeur de la saison, avec les nuits les plus longues, se situe entre octobre et février. En dehors de cette fenêtre, même si le phénomène existe physiquement, la clarté du ciel nordique le rend invisible.

Deux conditions indispensables : un ciel dégagé et une activité géomagnétique suffisante. On surveille donc les prévisions d'aurores et la météo, on s'éloigne des lumières de Reykjavik, et on accepte l'idée qu'aucune observation n'est jamais garantie. Prévoir plusieurs nuits sur place augmente nettement vos chances.

Conseils pratiques avant de réserver

Choisissez d'abord votre priorité (soleil de minuit, aurores, hautes terres, budget maîtrisé), puis calez la saison en conséquence : c'est ce fil conducteur qui rend un voyage islandais réussi. Pour un tour de l'île complet ou l'accès aux pistes de l'intérieur, visez l'été ; pour les aurores et la glace, l'hiver ; pour l'équilibre, mai ou septembre.

Quelle que soit la période, adaptez votre véhicule et votre assurance aux conditions : graviers, tempêtes de vent et routes F ont chacun leurs règles. Consultez nos guides sur la conduite hivernale, les routes F et l'assurance location avant de finaliser, et prévoyez toujours de la marge dans votre planning pour absorber une journée de mauvais temps.

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Avant de partir

Questions de lecteurs

Quel est le meilleur mois pour voir les aurores boréales en Islande ?

La période s'étend environ de fin août/septembre à début avril, mais les meilleures probabilités correspondent aux nuits les plus longues, entre octobre et février. Il faut de toute façon un ciel dégagé et de l'activité géomagnétique : rien n'est jamais garanti, alors prévoyez plusieurs nuits sur place.

Peut-on voir des aurores en été en Islande ?

Non. Même si l'activité solaire existe, les nuits d'été sont trop claires à cause du soleil de minuit pour que les aurores soient visibles. Si c'est votre objectif principal, évitez juin, juillet et août.

Quand les routes F des hautes terres sont-elles ouvertes ?

Elles ouvrent progressivement en été, généralement de juin à septembre selon les pistes et l'enneigement. En mai, beaucoup restent fermées, et en hiver l'intérieur du pays est inaccessible. Vérifiez toujours les conditions officielles avant de planifier un itinéraire 4x4.

Faut-il éviter juillet et août à cause de la foule ?

Pas forcément, mais c'est la période la plus fréquentée et la plus chère. Si vous voulez limiter l'affluence et les prix tout en gardant de longues journées, mai et septembre offrent un excellent compromis, comme le suggèrent les travaux sur la saturation touristique des sites islandais.